Superposition des lignes maîtresses (tracés) de Giampietrino et du Tableau
1. Superposition des images infrarouges (premier groupe)
Le premier groupe comprend ‘Le Tableau’ et les versions de Giampietrino de Londres, Budapest et Turin.
La réflectographie infrarouge utilise la lumière infrarouge pour révéler les dessins préparatoires réalisés avec du carbone.
En l’absence d’imagerie infrarouge pour la version de Turin, la superposition des lignes maîtresses de construction a été réalisée à partir des images infrarouges du Tableau et de celles des œuvres de Giampietrino conservées à Londres et à Budapest.
Report du dessin préparatoire – Carton
Pour ‘le Tableau’, le dessin préliminaire a été transféré par la technique du spolvero, au moins pour la tête et la main du Christ. Giampietrino, aurait utilisé une autre méthode à base de carbone.
‘Le Tableau’ : les analyses par imagerie infrarouge et LAM révèlent que la figure du Christ comporte de multiples traces de spolvero.
Il semble que le personnage à droite n’était pas présent sur le dessin préparatoire (carton). Il aurait été transféré par une méthode différente (cf. Etude du Tableau, p 110).
‘Londres’ et ‘Budapest’ : pour la National Gallery de Londres, une autre méthode a été utilisée : « Infrared reflectography clearly shows the traces of the cartoon transfer in the National Gallery version {…} Another version now in Budapest shows similar traces of a cartoon transfer… » (NG, Bul.17 – 1996).
La note N°14 du même article traduite en français, apporte des précisions sur la méthode de report du dessin préparatoire. « Le dessin a été transféré soit en noircissant le verso du carton avec du fusain, soit en insérant un intercalaire noirci entre celui-ci et le panneau, après quoi les contours du carton ont été retracés avec une sorte de stylet émoussé ».
Observations sur la superposition des images infrarouges
• Pour le corps, les tracés coïncident. La coïncidence exacte ne peut exister pour de multiples raisons (1). Cela se vérifie par exemple pour ‘Londres’ et ‘Budapest’ pour lesquels les experts de la National Gallery de Londres (2) admettent avec une quasi-certitude l’existence d’un même carton.
• Les seules différences notables concernent les muscles de l’avant-bras beaucoup plus développés dans ‘le Tableau’ et le décalage de la raie de la chevelure, plus à gauche et plus en arrière chez Giampietrino (cf. p 100) .
• Le milieu du bas du coude est positionné sur le bord de la croix (point B).
• Les points C et D sont alignés sur une même verticale.
• Les points C et E (point d’intersection du haut de l’index de la main droite et de la croix) sont alignés sur une même ligne horizontale.
• Les points B, C, D et E sont les points remarquables communs aux trois compositions (3).
2. Superposition des images visibles (premier groupe)
La superposition des images visibles du premier groupe (‘Le Tableau’, ‘Londres’, ‘Budapest’ et ‘Turin’) permet d’inclure dans la comparaison, la version de Turin et confirme les résultats précédents.
3. Superposition des versions de Giampietrino – 1er et second groupe – Images visibles
Les versions de Vienne et de Milan (2ème groupe) sont d’abord comparées entre-elles puis avec la version de Londres (1er groupe).
Les dimensions des versions de Vienne et de Milan sont environ 20% supérieures au premier groupe.
• A gauche, superposition des tracés de ‘Vienne’ (violet) et de ‘Milan’ (bleu clair), après mise à la même échelle des deux images. Les tracés sont similaires.
• A droite, superposition des tracés de ‘Vienne’ (violet) et de ‘Londres’ (jaune) : après mise à la même échelle des deux images, on remarque que les tracés diffèrent très légèrement (4). On retrouve les grands équilibres mis en évidence par les points remarquables B, C, D et E.
A gauche, contrairement au premier groupe, l’arrondi de la robe du Christ est représenté entièrement.
4. Synthèse de l’étude comparative
La comparaison des tracés des images infrarouges (5) et visibles confirmerait l’usage d’un même carton pour ‘le Tableau’ et les trois ‘Giampietrino’ de Londres, Budapest et de Turin. Un même carton agrandi, aurait servi pour les versions de Vienne et de Milan.
L’utilisation d’un carton commun avait déjà été constatée en 1996 par la National Gallery de Londres pour les versions de Londres et de Budapest.
Soulignons que dans les versions de Londres et de Budapest de Giampietrino, dont le dessin a été transféré par un procédé à base de carbone, aucun repentir (6) n’est visible dans les images infrarouges ce qui porte à croire qu’il s’agirait plutôt de copies.
(1) : On peut citer : le système de report du carton qui ne peut aboutir à une retranscription parfaite d’un panneau à l’autre et les conditions de reproductions photographiques.
(2) : nationalgallery.org.uk/technical-bulletin/keith_roy 1996 et ‘Annexe 3 (Etude Tableau).
(3) : On peut ajouter ‘Vienne’ et ‘Milan’ de Giampietrino et la version d’Andrea Solario.
(4) : Les versions de Vienne et Milan proviendraient d’un carton agrandi, donc pas tout à fait semblable à l’original.
(5) : Dans ces images un détail interpelle : le sillon central de la lèvre inférieure représenté à l’identique (cf. Etude Tableau -p 71).
(6) : En ce qui concerne les repentirs relevés dans ‘le Tableau’, voir (cf. Etude Tableau, p 73).