Radiographie des Christs Portant la Croix : Giampietrino et le Tableau
Selon la National Gallery de Londres (1), le panneau de bois de peuplier de la version londonienne est préparé avec une couche initiale de gesso mélangé à de la colle. Cette base est ensuite recouverte d’une couche d’imprimitura, relativement opaque, de couleur grise brunâtre clair.
Dans les radiographies des versions de Giampietrino conservées à Londres et à Budapest, peu contrastées, la figure du Christ et la croix apparaissent de manière relativement diffuse. La dominance de tonalités grises suggère l’emploi de pigments de faible densité. On observe en particulier que les carnations contiennent une proportion limitée de blanc de plomb, pigment de forte densité, lequel se manifeste en radiographie par des zones claires.
La radiographie du ‘Tableau’ est plus contrastée, révélant clairement les zones peintes avec du blanc de plomb. L’image rayons X montre aussi que l’artiste a retiré de la peinture du front et de la barbe du Christ pendant qu’elle était encore fraîche, indiquant ainsi une modification effectuée durant la réalisation, c’est à dire un repentir de couleur (cf. Etude Tableau p 76).
Comparaison des techniques de peinture
Lors de l’examen de la couche picturale du ‘Tableau’, l’Université de Bologne (04/2022) a confirmé que les méthodes de peinture employées par Giampietrino différaient de manière significative : « La technique utilisée (pour ‘le Tableau’) n’est pas compatible avec la pratique de Gianpietrino sur la base des données techniques disponibles à ce jour ».
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(1) : National Gallery Bulletin N°17 (1996), p9 (Etude Tableau Annexe 3)